Coopération et partage autour des pratiques collaboratives

La route de la Médiation numérique n’est pas un long fleuve tranquille !

Voici les diapos de la conférence d’introduction
que j’ai tenue le 19 septembre dernier au Palais des Congrès d’Ajaccio, dans le
cadre des Assises nationales de la médiation numérique.

La conférence a duré une cinquantaine de minutes
et avait pour objectif de poser des bases communes au plus grand nombre, en
faisant quelques rappels sur l’histoire et les enjeux et en introduisant cette
notion de « médiation numérique » nouvelle pour pas mal de
monde. Elle s’appuyait sur l’article « Vers une
définition de la médiation numérique »
, publié avant les Assises, mais
apportait aussi des éléments nouveaux.

Mon intervention a soulevé par mal de réactions
et discussions, lors des assises et à distance. J’ai volontairement forcé un
peu le trait et insister à l’oral sur certaines questions sensibles, afin
d’enclencher des remises en question et des débats. Si l’échange n’a pu avoir
lieu immédiatement après en plénière, il s’est fait entre les participants dans
les couloirs, à table et dans les ateliers ultérieurs … ce qui était le but
recherché.

Parmi mes provocations assumées, j’ai appuyé sur
le fait que si on prétendait « lutter contre la fracture
numérique »,
alors les jeunes n’étaient pas un public prioritaire
dans les EPN ... et de ce fait les actions qui leur étaient proposées devaient
s’inscrire plutôt dans une perspective d’Education aux médias, ce qui
n’est pas vraiment la même chose en terme d’objectifs et de pratiques
pédagogiques.

La définition de la posture du médiateur,
neutre vis à vis des technologies et des publics
, a beaucoup de mal à
être entendue. Elle est peut-être mal formulée (voir commentaire d’Isabelle
Ferracci et ma réponse sur @-Brest
), mais ce qui est sûr c’est qu’elle
heurte de front des années de pratiques d’animateurs évangélisateurs
et missionnaires des nouvelles technologies, ou bien plus encore, les volontés
émancipatrices des « éducateurs du Peuple » ou les
prétentions civilisatrices des "héraults de la Culture".

Pour ce qui est des réactions sur Twitter
(#assmednum), malheureusement le fil Twitter a perdu l’historique d’une bonne
partie des messages échangés pendant la conférence. Lorsque j’ai cherché à les
consulter le lundi après-déjeuner, beaucoup avait déjà disparus. Les réactions
de Sylv@e (alias Sylvère Mercier), parmi les
plus nombreuses, les plus critiques et les plus virulentes ont été suivies par
un commentaire
plus fouillé sur ce blog
et un article étayé sur le sien
Bibliobsession - "Médiation numérique : réappropriation vs
autonomie"
.

Je m’attendais à cette réaction, puisqu’il a été
parmi les premiers (sinon le premier et je salue son initiative précoce) à
chercher à donner une définition de la Médiation numérique, … et qu’elle est
très différente de celle que je propose ! Je réagirais point par point aux
arguments intéressants qu’il développe dans un article spécifique à venir. Je
vais prendre un peu mon temps, car mon souci n’est pas de polémiquer
mais de construire
, d’expliquer plus clairement pour mieux me faire
comprendre, d’entendre les critiques fondées et d’en tenir compte pour faire
évoluer la définition proposée, et certainement pas de convaincre qui que ce
soit d’adhérer à ma vision personnelle du sujet. Ça ne me dérange pas
du tout qu’il circule plusieurs définitions différentes de la médiation
numérique
, pour peu qu’elles soient étayées et qu’elles soient
fonctionnelles, c’est à dire qu’elles aident les professionnels à cerner leurs
missions et à faire reconnaître leurs actions.