Coopération et partage autour des pratiques collaboratives

Des milliers de photos d’insectes dans le domaine public !

De l’infiniment grand à l’infiniment petit...

La semaine dernière la société spatiale SpaceX annonçait placer désormais ses (belles) images dans le domaine public, via un tweet de son charismatique patron Elon Musk.

Ce qui donne cela par exemple (voir les autres photos sur le compte Flickr associé) :


Insects Unlocked

Aujourd’hui c’est l’université du Texas à Austin qui nous promet des milliers de photos d’insectes dans le domaine public, par l’intermédiaire d’un crowdfunding (déjà bien avancé) visant aussi à former les étudiants à ces techniques particulières de prises de vue.

Quelques échantillons ont déjà été mis en ligne, comme celui-ci :


L’annonce vidéo ci-contre d’un professeur entomologiste du projet est caractéristique de la volonté de donner accès, avec mention explicite de ne pas devoir attendre 70 ans (après la mort des auteurs) pour pouvoir utiliser librement les images ainsi réalisées.

Un mouvement de fond évoqué dans le rapport Reda

Ceci nous renvoie à notre article Le Clavier bien tempéré de Bach, directement dans le domaine public ! rédigé deux jours plus tôt. En moins d’une semaine, qu’il s’agisse de la recherche ou des arts, trois projets d’envergure ont décidé de placer volontairement des travaux de très haute qualité [1] dans le domaine public.

Ce n’est pas un hasard. On constate aujourd’hui un véritable engouement pour participer aux biens communs de la connaissance (et s’affranchir des logiques monopolistiques d’exploitation exclusive). Et pour que la liberté soit « totale », certains n’hésitent plus, lorsqu’il faut choisir une licence, à abandonner les clauses Pas d’Utilisation Commerciale (NC) ou Pas de modifications (ND) des Creative Commons pour se revendiquer explicitement du domaine public.

Le problème c’est que ce domaine public consenti (selon la formule de Séverine Dusollier) n’est pas encore d’existence légale en droit européen. C’est aussi pour cela qu’il faut soutenir le rapport Reda qui « invite la Commission à reconnaître la liberté des titulaires de droits de renoncer volontairement à leurs droits et d’abandonner leurs œuvres au domaine public ».

La petite contrariété Flickr

Aussi bien SpaceX que l’université du Texas déclarent donc placer leurs images dans le domaine public mais il y a techniquement un petit problème avec la plateforme choisie pour les héberger. Flickr ne propose en effet toujours pas la licence CC0 dans son panel de licences Creative Commons offertes aux utilisateurs.


Sur l’exemple ci-dessous, on peut lire « Photograph is by Alex Wild, and is in the public domain » mais légalement parlant c’est la licence CC-By qui a été adoptée.

Espérons que cela sera corrigé rapidement. Sinon, ils peuvent aussi directement placer leurs images dans Wikimedia Commons, comme nous l’avons fait samedi pour fêter le retour de la photo à Orsay, la médiathèque proposant bien la licence CC0 dans son formulaire d’import.


[1] Ce qui signifie ici la haute définition pour les photos et un format sans perte pour la musique.